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« A juxtaposer des formes géométriques colorées et à superposer des couches de peintures ».
« A organiser les couleurs et les formes dans des assemblages hasardeux et contradictoires ».
…« Dans les petits formats, des papiers recouverts de peinture à l’huile, découpés en carrés ou rectangles sont assemblés dans un certain ordre de manière à créer un espace apparemment aléatoire afin de répondre d’une manière ironique à d’autres formats et ainsi former un ensemble géométrique visiblement acceptable dans une unité d’espace ou à observer isolément ».
« Dans la série des- dessins recomposés- le redécoupage( en bandes) perturbe le dessin d’origine et offre la possibilité de reconstruire l’image de départ ( à vous de jouer) ».
« Il reste une série, ou le dessin figuratif, libre de mon système pictural, exprime un vrai attachement aux débordements des gestes quotidiens et à ses passions incontrôlables. Le dessin comme affirmation des instincts. ».
Pour mieux comprendre les peintures…
La couleur et la matière sont indissociables. Verticalité/ horizontalité constitue une trame géométrique. Des formes s’interpénètrent sur leurs bords ou restent isolées. Les plages colorées s’élaborent dans une suite indéterminée de juxtapositions et superpositions de couleurs. Des couches de peinture accentuent par endroit la matière, se jouent des épaisseurs, buttent parfois sur des surfaces planes.
Ces fragments articulés dans une trame orthogonale forment des combinatoires. Le « découpage », au sens propre pour les petits formats, simulé dans les toiles, accentue les contraires, oppose des couleurs, des dimensions, différentes manières de peindre. Une tentative d’établir des liens dans la confrontation d’éléments hétérogènes. Créer de nouvelles « fenêtres » et les assembler dans un certain ordre multiplie les déplacements ; des espaces étroits et étirés côtoient des plans plus larges, plus ou moins statiques, figés, comme en attente ou en suspension. Ce sont des traces d’un parcours non imposé, court ou long, un saut d’obstacles…passer d’un rouge à un jaune, d’un ocre à un bleu, d’une trace identifiable au je ne sais quoi. Un déplacement possible de la surface vers le fond, couches successives, remplissages plus ou moins aérés, glacis, transparences. Regard autant latéral que frontal dans plusieurs séries( voir les Boites murales).
Le sujet devient partie de la forme. Le sujet considéré comme " modèle extérieur "est induit, petit à petit, par l'organisation des éléments formels de la peinture. On distinguera, éventuellement, labyrinthes, portraits, machines, cages, jeux, paysages …Cette lecture, possible et souhaitable, figurative et suggestive, ne tient pas exclusivement du hasard, elle fait partie du déchiffrement d'un travail dans ses multiples connexions.
Mes références picturales ? Mondrian et Van Gogh , Malevitch et Kokoschka, Ensor et Herbin , Fra Angelico et Le Greco. Errances et organisations des interférences entre deux regards. Des proportions variables et indéfinies déterminent des directions, sans rien de définitif. Il ne s’agit jamais de s’inspirer mais de regarder, de vivre une « aventure tragique ». Nietzsche comme accompagnateur.
...ou combiner, disposer, arranger, mettre en forme la confusion, dans un certain ordre. " Mettre de l'ordre " dans le chaos peut s'entendre comme une métaphore. Il s'agit toujours de " voir autrement ". Par glissement du sens, organiser le chaos c'est aussi déplacer l'ordre, en perturber son ordonnancement, changer sa disposition. Réorganiser éclairci les évidences.
...recouvrir, cacher sans faire disparaître, laisser apparaître les strates, découvrir des traces, ajouter, enlever, rajouter encore, faire de la dissonance, crée une " histoire ", celle de son émergence… ou simplement dessiner… une figure, une forme, une couleur.